Groupe de deux femmes et deux hommes, responsables et moniteurs d’un club de plongée, réunis devant un panneau de prévention vierge, avec un bateau et la mer Méditerranée en arrière-plan.

Quels dispositifs choisir contre les violences sexuelles en club de plongée ?

Les violences sexuelles en club de plongée peuvent survenir pendant une formation, un déplacement en bateau, un stage ou dans les espaces de vie du club. La proximité entre encadrants et pratiquants, l'autorité technique et les temps passés hors de l'eau imposent un cadre précis. La prévention des violences sexuelles en club de plongée repose sur des règles connues, des adultes contrôlés et une réaction immédiate à toute alerte. Les chiffres disponibles rappellent l'ampleur du phénomène. Une enquête de l'Institut national d'études démographiques publiée en 2016 estimait à près de 600 000 le nombre annuel de femmes victimes de violences sexuelles en France, contre environ 200 000 hommes.

Que doit faire un club de plongée ?

Un club doit désigner un référent, afficher les voies d'alerte, vérifier l'honorabilité des personnes qui encadrent et protéger sans délai toute personne qui révèle des faits. Une parole reçue ne doit jamais déclencher une enquête informelle menée par les proches de la personne mise en cause.

Dispositif du clubEffet recherché
Référent violences identifiéAccueil fiable des victimes et témoins
Canal de signalement discretTransmission rapide et traçable de l'alerte
Vérification des encadrantsRéduction du risque avant la mise à l'eau
Mesure conservatoireÉloignement immédiat en cas de danger

Les dispositifs prioritaires contre les violences sexuelles en club de plongée

Le règlement intérieur doit interdire clairement les violences sexuelles et sexistes, le harcèlement, les humiliations, le bizutage et les pressions psychologiques. Il s'applique aux salariés, bénévoles, moniteurs, licenciés, parents et stagiaires. Chaque adhérent reçoit ce cadre lors de l'inscription, puis lors des réunions de début de saison.

Le club nomme un référent violences, joignable par téléphone et par courriel. Cette personne connaît les limites de son rôle. Elle écoute, recueille les informations utiles, explique les options et transmet l'alerte aux interlocuteurs compétents. Elle ne cherche ni à établir la vérité seule ni à confronter les personnes concernées.

L'affichage doit être visible à l'accueil, dans les vestiaires et sur le bateau. Il mentionne le 17 en cas de danger immédiat, le 119 lorsqu'un mineur est concerné et le 116 006, numéro d'aide aux victimes. Les clubs du Var peuvent aussi prévoir un affichage lors des sorties sur des sentiers sous-marins ou des stages de plongée avec bouteille.

L'objectif est un environnement sain et respectueux où un malaise peut être exprimé sans crainte d'être écarté du groupe. La sensibilisation doit inclure le consentement, les contacts nécessaires à la sécurité, les déplacements, les photos et les échanges numériques. Un exercice interne fondé sur le scénario fictif volcan permet de tester la chaîne d'alerte sans exposer une victime.

Comment organiser un signalement confidentiel en plongée

Une procédure claire et confidentielle de signalement tient sur une page. Elle indique qui contacter, comment préserver la confidentialité, où consigner les faits et quelles mesures peuvent être prises dans les premières heures. Un formulaire numérique ne doit jamais être l'unique porte d'entrée. Une personne en détresse doit pouvoir parler directement à un adulte formé.

Signaler, c'est protéger la victime, les autres pratiquants et les témoins. Le récit est recueilli avec des mots simples, sans demander des détails inutiles ni exiger de preuve. Il faut noter la date, le lieu, les personnes présentes et les éléments communiqués, puis conserver ces données dans un espace sécurisé.

Le club évite toute médiation entre une victime et une personne accusée de violences. Une médiation peut accentuer la pression, surtout lorsqu'il existe un lien d'autorité sportif. La confidentialité protège la parole, mais elle ne promet pas le secret absolu lorsque la sécurité d'un mineur ou d'une personne en danger exige une transmission.

Le contrôle d'honorabilité des encadrants de plongée doit être systématique

Le contrôle d'honorabilité des encadrants est un levier de prévention central. Les éducateurs sportifs rémunérés doivent posséder une qualification adaptée et une carte professionnelle. Leur déclaration déclenche un contrôle automatique de l'honorabilité par les services de l'État.

Un club doit aussi encadrer avec rigueur l'accès des bénévoles aux fonctions auprès des mineurs. Il vérifie l'identité, les diplômes annoncés, les prérogatives d'encadrement et les modalités de contrôle prévues par sa fédération. La Fédération Française d'Études et de Sports Sous-Marins organise ses propres dispositifs fédéraux pour les structures affiliées.

Cette vérification ne remplace jamais la vigilance quotidienne. Les dirigeants doivent repérer les conduites d'isolement, les messages insistants, les faveurs conditionnelles ou les contacts physiques qui dépassent le cadre technique. La protection renforcée des mineurs impose aussi de limiter les tête-à-tête non nécessaires et de privilégier des espaces visibles.

Protéger une victime ou un témoin dès les premières heures

La priorité est la mise en sécurité immédiate de la victime. Le club éloigne la personne mise en cause des lieux, du bateau, des entraînements et des échanges directs, lorsque la situation le justifie. Il propose un accompagnement vers les secours, un médecin, la police ou une association d'aide aux victimes selon le souhait et l'urgence.

Une suspension d'exercice à titre conservatoire peut être décidée par l'autorité compétente, sans attendre la fin d'une procédure pénale. Cette mesure protège les pratiquants et préserve les conditions de recueil de la parole. Elle ne constitue pas une condamnation disciplinaire ou judiciaire.

Lorsqu'un agent public apprend des faits délictueux dans l'exercice de ses fonctions, l'article 40 du Code de procédure pénale prévoit une information du procureur de la République. Un dirigeant associatif ou un témoin peut également déposer plainte ou effectuer un signalement. Pour signaler une violence sexuelle en plongée, la victime n'a pas à qualifier juridiquement les faits avant de demander de l'aide.

Une procédure pénale et une enquête administrative répondent à des objectifs distincts. Les enquêtes administrative et judiciaire indépendantes peuvent avancer à des rythmes différents. L'administration peut apprécier l'aptitude d'un éducateur à exercer, tandis que la justice recherche les infractions et les responsabilités pénales.

Les clubs du Var doivent coordonner l'aide et le suivi des alertes

L'accompagnement ne s'arrête pas après le premier appel. Un club peut orienter une victime vers France Victimes, qui met en relation avec une association locale d'aide juridique, psychologique et sociale. Le recours à France Victimes par un club sportif facilite une orientation neutre, hors du cercle des responsables et des familles.

Les dirigeants doivent aussi informer leur fédération, leur assureur selon les garanties souscrites et les services départementaux de l'État lorsque l'alerte concerne un éducateur. Toute communication au groupe reste sobre. Elle protège les personnes concernées et évite de diffuser des accusations ou des détails identifiants.

La sécurité des activités aquatiques inclut la qualité des relations entre adultes et mineurs. Les repères utiles lors d'une sortie familiale, comme la présence d'adultes identifiés et un cadre de groupe clair, rejoignent les conseils d'une randonnée palmée en famille. Sur un bateau comme dans les locaux, aucun encadrant ne doit disposer d'un pouvoir sans contrôle.

Un plan annuel permet de maintenir les dispositifs de protection dans la durée.

  1. Désigner un référent et un suppléant avant les inscriptions.
  2. Mettre à jour les contacts d'urgence et les affichages.
  3. Contrôler les titres, cartes professionnelles et autorisations d'encadrement.
  4. Former les dirigeants à l'écoute et au recueil d'une alerte.
  5. Réexaminer chaque incident pour corriger l'organisation, sans exposer les victimes.

Questions fréquentes sur les violences sexuelles en club de plongée

Que doit faire un moniteur qui reçoit le témoignage d'une victime ?

Le moniteur doit écouter sans juger, croire la parole exprimée et mettre la personne en sécurité. Il transmet ensuite l'information au référent désigné ou aux secours si le danger est immédiat. Il ne contacte pas la personne mise en cause pour obtenir sa version.

Un club peut-il suspendre un encadrant avant une condamnation ?

Oui, une mesure conservatoire peut écarter un encadrant d'une activité lorsqu'un risque pour les pratiquants existe. La décision doit être formalisée, proportionnée et prise par l'autorité qui en a compétence. Elle n'empêche pas les démarches administratives ou judiciaires ultérieures.

Le contrôle d'honorabilité concerne-t-il les bénévoles ?

Le contrôle concerne les personnes relevant des dispositifs légaux et fédéraux applicables à leurs fonctions, avec une vigilance accrue pour l'encadrement des mineurs. Les éducateurs rémunérés déclarés font l'objet d'un contrôle automatique. Pour les bénévoles, le club doit appliquer les procédures fédérales et éviter toute affectation sensible sans vérification.

Comment aider un mineur qui révèle des violences pendant un stage de plongée ?

Le mineur doit être séparé sans délai de la personne concernée et confié à un adulte protecteur. Il faut appeler le 119 pour obtenir une évaluation et des consignes, ou le 17 si le danger est immédiat. Les responsables légaux sont informés lorsque cela ne met pas l'enfant en risque.

Un dispositif efficace associe prévention, contrôle des encadrants, écoute et décisions rapides. Les clubs qui préparent cette réponse avant une alerte protègent mieux leurs pratiquants et préservent la confiance indispensable à toute activité sous-marine.

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